Christine, franco-belge, est issue d’une famille de cinq enfants, qui s’est élargie à la Finlande, l’Italie, la Hongrie et la Suisse nous confie : « Ma maison est là où est la famille : l’Europe donc. »
Ann, elle, vit la multiculturalité au quotidien. Belge et écossaise de nationalité, elle compte huit nationalités différentes dans sa famille proche : belge, écossaise, allemande, turque, argentine, espagnole, lituanienne et américaine ! « Le vrai cadeau est que nous nous entendons tous très, très bien. »
Passionnée par les langues étrangères, Ann nous raconte son parcours : « Je n’ai pas fait d’études universitaires, car mes études secondaires ont été un peu chaotiques… J’ai décidé d’aller travailler à Madrid (du temps de Franco !), puis à Londres, avant de revenir en Belgique. Par la suite, j’ai eu l’occasion de créer une petite société appelée Excel Careers. Notre travail consistait à “chasser”, ou recruter, des secrétaires et assistantes de direction multilingues, principalement pour des sociétés multinationales établies en Belgique. » L’aventure prendra une tournure inattendue lorsqu’une entreprise londonienne rachète la société. Aujourd’hui encore, Ann se réjouit de voir son projet prospérer.
Le parcours de Christine est d’une autre nature, mais tout aussi intéressant. Scolarité en anglais et, après des études entamées en sciences économiques, elle s’oriente vers le secrétariat de direction. Elle a travaillé à mi-temps pendant 40 ans pour la même famille, tout en élevant ses quatre enfants. Elle a par ailleurs été maman catéchiste pendant 28 ans !
Comment ces deux femmes se sont-elles retrouvées au sein des Femmes d’Europe ? La réponse est sans détour : par conviction. Aider les plus vulnérables s’impose à elles comme une évidence, presque une obligation morale, aider ceux qui n’ont pas eu la même chance que nous. Elles ajoutent que les échanges sociaux et culturels avec des personnes de nombreuses nationalités constituent une belle source de motivation également : ces échanges sont très enrichissants et des amitiés fortes se sont nouées au fil des ans.
« Ce qui nous distingue par rapport aux autres associations (et j’en rencontre chaque année qui ont ce même objectif), c’est que je retrouve l’esprit créateur et moteur de l’Union européenne. Ensemble, avec des idées venues de partout, nous parvenons à atteindre notre objectif commun : aider un maximum de personnes dans le besoin à travers le monde », souligne Ann.
Christine : « En 2007, mon amie Marie Beaumond (nos enfants étaient dans les mêmes classes) m’a demandé de la rejoindre dans le Groupe Belge des Femmes d’Europe. À peine arrivée, la voilà partie avec son mari en Chine puis en Afrique. Je suis restée : le but et les valeurs des Femmes d’Europe m’avaient conquise, ainsi que le milieu international. Dans notre association, c’est le mot “Europe” qui m’a interpellée en premier. De plus, cette association a été créée pour aider : elle est féminine et ouverte au monde, autant de qualités réunies. »
Ann : « J’ai connu Femmes d’Europe par l’intermédiaire de Ghislaine Troubetzkoy qui m’a introduite au Groupe Belge. Je suis responsable de la sélection du projet national que nous soutenons chaque année au sein du Groupe Belge. »
Leur événement favori ? Le Bazar de Noël, bien évidemment…
Christine : « C’est là où on voit le mieux notre unité et le plaisir que nous avons à agir ensemble dans un seul et même but : apporter de l’aide et, par là, un peu de bonheur. Et puis, il y a le plaisir de nous retrouver, Ann De Mulder, Brigitte Borsei et moi pour organiser les réunions et les événements du groupe. Nous nous taquinons et rions beaucoup. »
Ann : « Mon événement favori est le Bazar de Noël. L’équipe belge travaille toute l’année pour sélectionner des objets qui nous permettent de réaliser un chiffre d’affaires magique, année après année. Et souvent, mes collègues et moi y parvenons. En plus, j’adore m’y promener, manger un bretzel, acheter des oignons, de tulipes ou une rose de Noël, découvrir les biscuits lituaniens qui font craquer ma belle-fille… Et puis pendant les deux jours du bazar, je retrouve chaque année deux ou trois personnes qui viennent faire de nombreux achats — nous sommes devenues amies au point d’échanger nos numéros de GSM ! »
En effet, un succès qui ne se dément pas : la brocante du Groupe Belge est un des stands les plus performants de l’événement.
En dehors de la vie associative, qu’est-ce qu’elles aiment faire, ont-elles un endroit préféré ?
Christine : « À Bruxelles, j’aime déambuler entre la Grand-Place et le quartier du Sablon et admirer les vieilles pierres. Et en Belgique, j’aime la mer (normal, après avoir grandi au bord de la Méditerranée). La mer, pour la liberté que j’y ressens et pour rêver à ce qu’il y a derrière l’horizon. Je ne suis pas très “restaurant”, mais j’aime bien Babam, où un jeune passionné ravit nos papilles. »
Ann : « Mon endroit préféré à Bruxelles est le quartier du Sablon. Dans ce coin-là, pendant que je déguste quelque chose de délicieux, j’adore tendre l’oreille et entendre tant de langues différentes. Cela me “porte” vers une société créative et bienveillante. Ouh là là, je deviens lyrique ! Et si je pense à la Belgique, l’un de mes endroits favoris est la côte belge — pour les mêmes raisons. »
À l’heure de conclure, chacune résume en quelques mots ce qui la guide dans la vie.
Ann : « J’espère vivre et transmettre à mes enfants et petits-enfants le respect et la bienveillance vis-à-vis d’autrui. »
Christine : « Si j’arrive à faire naître un sourire sur un visage, je me dis que nous sommes de la même famille ! »
Merci, chère Ann et chère Christine, pour cette “rencontre”. Une occasion de plus d’admirer les qualités de nos membres et de me sentir heureuse et fière de faire partie de cette association bienveillante et solidaire.
Propos recueillis par Christianna Yacoumi
Equipe du Bulletin
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